[JAPON] Le Gion Matsuri de Kyoto : une parade spectaculaire! (Japon #12)


« Sous la chaude pluie,
Frêle, la maïko sourit
De sa bouche vermeille » (Haïku, by Pink turtle)
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Gion matsuri, 17 juillet/ @pink.turtle.blog

S’il y a un événement qui a confirmé notre envie de nous rendre au Japon au mois de juillet, c’est bien le Gion Matsuri! ♥ En effet, l’été est la période des festivals au Japon. L’un des plus connus reste sans nul doute le fameux Gion Matsuri (Gion San) de Kyoto auquel nous avons assisté le 17 juillet. Il s’agit d’un spectacle impressionnant et dépaysant à souhait puisqu’une trentaine de chars appelés Yamahoko parade dans les rues de Kyoto pendant toute une matinée (9h-11h30). Apparemment, ces chars défileraient dans la ville afin d’apaiser la divinité des fléaux et des maladies, et ce depuis l’ère Heian (IXème siècle) : Kyoto, alors capitale impériale, était victime de grosses catastrophes naturelles (inondations qui engendraient l’apparition de la peste à cause des eaux stagnantes) et l’empereur décida d’organiser des cérémonies religieuses pour calmer les dieux. Ce Matsuri revêt une dimension très particulière en cette année particulièrement traumatique et meurtrière pour le Japon qu’il s’agisse des inondations, des séismes, de la canicule et des typhons (nous avons réussi à éviter uniquement les inondations de notre côté!).

Gion Matsuri/ @pink.turtle.blog

En tout cas, c’est un moment singulier que d’assister à ce défilé et à cette grande procession qui se déroule, non pas au coeur du quartier Gion (comme nous le pensions), mais plutôt près du carrefour Shijo Karasuma en passant par les avenues Shijo, Kawaramachi, Oike et Shinmachi. Cette année, le festival s’est déroulé sous un soleil de plomb, une chaleur harassante (40 degrés!). J’admire les jeunes enfants et les personnes âgées qui ont défilé lors de cette journée caniculaire, sans broncher! C’est une journée festive que rien ne saurait gâcher à Kyoto! 🙂

Jeune garçon en kimono, Gion Matsuri/ @pink.turtle.blog
Jeune garçon en kimono, Gion Matsuri/ @pink.turtle.blog

La beauté des chars du Gion Matsuri

Ces magnifiques chars qui défilent dans les rues, étaient autrefois au nombre de 66 comme les anciennes provinces japonaises, mais ont été réduits à 33 et divisés en deux types : les Yama (23) et les Hoko (10). Les Hoko sont les chars les plus grands, décorés de précieuses tapisseries, de tissus brodés et de statues. Ils sont surmontés d’une flèche d’où leur hauteur de 20 mètres environ, et nécessitent une cinquantaine de personnes pour les tirer. D’autres sont surmontés d’un long mât en forme de lance. Quoi qu’il en soit, ces Hoko transportent musiciens et chanteurs et l’on entend de loin les tambours, les carillons, les chants et cris émanant de ces chars. Les Yama, quant à eux, ne comportent pas de toit et transportent des mannequins décoratifs. Cette année, l’un des chars s’est accroché au feu de signalisation sur l’avenue Kawaramachi, et un grand cri de soulagement (ouffff!) a résonné parmi la foule, lorsque le char a repris sa parade!! De nombreux fascicules sont distribués pour expliquer le sens/tour du défilé avec des tonnes d’informations en japonais ainsi que les horaires de passage sur chaque avenue.

Gion Matsuri/ @pink.turtle.blog
char bloqué au feu! Gion Matsuri/ @pink.turtle.blog
char bloqué au feu! Gion Matsuri/ @pink.turtle.blog
char bloqué au feu! Gion Matsuri/ @pink.turtle.blog
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carte Gion Matsuri/ @pink.turtle.blog

De nombreux éventails sont également vendus pendant le festival. Ils comportent souvent une photographie de l’enfant « Iki Chigo ». En effet, un garçon est désigné chaque année pour être le messager symbolique des dieux. Le « chigo » doit ainsi prier au sanctuaire Yasaka pour la réussite du festival et défiler sur l’un des chars. La veille de la parade, une femme âgée rencontrée dans le métro a offert un de ces éventails à notre fils, geste à la fois symbolique et émouvant! ♥

Gion Matsuri/ @pink.turtle.blog
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Gion Matsuri/ @pink.turtle.blog
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Gion Matsuri/ @pink.turtle.blog
Gion Matsuri/ @pink.turtle.blog
Gion Matsuri/ @pink.turtle.blog
Gion matsuri, 17 juillet/ @pink.turtle.blog
Gion matsuri, 17 juillet/ @pink.turtle.blog

Sur un certain nombre de photos, un vrai contraste se fait sentir entre les chars traditionnels japonais et la modernité des devantures occidentales comme celles de Starbucks ou de Louis Vuitton 😉

Gion Matsuri/ @pink.turtle.blog
Gion Matsuri/ @pink.turtle.blog

Quelques portraits et visages

Gion Matsuri/ @pink.turtle.blog
Gion Matsuri/ @pink.turtle.blog
Gion Matsuri/ @pink.turtle.blog
Gion Matsuri/ @pink.turtle.blog
Gion Matsuri/ @pink.turtle.blog
Gion Matsuri/ @pink.turtle.blog
Gion Matsuri/ @pink.turtle.blog
Gion Matsuri/ @pink.turtle.blog
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Gion Matsuri/ @pink.turtle.blog

Visite des chars du 14 au 16 juillet

Le festival commence officiellement le 14 juillet et chaque nuit (du 14 au 16), les chars sont exposés dans la ville et illuminés avec de jolies lanternes : les gens visitent alors les chars, écoutent la musique traditionnelle (Gion bayashi) et achètent des porte-bonheurs faits de feuilles de bambou. La nuit du 16 au 17 juillet (veille de la parade) est appelée YOIYAMA. Il ne faut pas hésiter à repérer l’emplacement des plus beaux chars avant de se rendre dans les quartiers où ils sont exposés!

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Si les conditions météorologiques ne vous semblent pas favorables en été pour un voyage au Japon, certains événements pourraient vous faire changer d’avis! Les festivals sont vraiment magiques au Japon! Nous avons adoré assister au Gion matsuri dont la magnifique parade est inscrite au patrimoine mondial immatériel de l’Unesco depuis 2009. De mon côté, je regarde toujours les événements auxquels nous pourrions assister avant de préparer un voyage et de choisir notre date de départ! Et vous? 😉

Gion Matsuri/ @pink.turtle.blog
Gion Matsuri/ @pink.turtle.blog

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Le jour où j’ai joué les apprenties geishas à Kyoto : une expérience inoubliable (Japon #10)

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Le jour où j’ai joué les apprenties geishas à Kyoto : une expérience inoubliable (Japon #10)


Maiko dress up, Kyoto/ pink.turtle.blog
Maiko dress up, Kyoto/ pink.turtle.blog

Depuis mon retour du Japon, je mourais d’envie de vous parler de ma transformation en maïko à Kyoto ♥ même si j’avais, au départ, dans l’idée de garder cet article pour la fin de mon cycle sur le Japon, en guise d’apothéose finale! Mais impossible, l’envie est trop forte, impatiente que je suis! Vous connaissez mon goût pour les activités et poses un peu originales et insolites. Et bien, le Japon n’a pas fait figure d’exception puisque j’avais décidé bien avant mon départ de jouer les maïkos à Kyoto (#bucketlist) – les maïkos sont des apprenties geishas. En fouillant sur le net quelques mois avant notre départ, j’avais trouvé plusieurs agences qui proposaient cette « expérience maïko » ou « geisha » pour un tarif assez élevé (environ 120 euros avec photos). En consultant Tripadvisor et les sites des agences de Kyoto, je me suis vite rendue à l’évidence qu’il valait mieux débourser 120 euros pour un moment unique, plutôt que 70 euros pour une expérience mitigée, un maquillage raté et des photos médiocres. Du coup, j’ai sélectionné l’agence Maiko-Henshin Studio Shiki, un studio très professionnel qui proposait des réductions lors de notre voyage en juillet. Pour réserver, il suffit de remplir le formulaire qui se trouve sur le site internet de l’agence. Un autre studio (Maïko makeover Experience Aya) propose également de très bonnes prestations mais il faut réserver avant votre départ car l’agence est très prisée par les japonais et étrangers. Pourquoi se lancer dans ce type d’expériences? Tout simplement pour être au contact des japonaises, découvrir une facette de la vie des geishas, être dans la peau d’une maïko pendant quelques heures dans le quartier Gion, porter des costumes traditionnels magnifiques…

Quelle est la différence entre une maïko et une geisha en quelques mots?

maiko dress up@pink.turtle.blog
maiko dress up@pink.turtle.blog

Une maïko est une apprentie geisha qui a généralement entre 15 et 20 ans. Elle devient geisha après avoir appris à chanter, à danser et à jouer du shamisen (instrument de musique japonais à 3 cordes). Elle doit également apprendre le dialecte de Kyoto. De mon côté, j’ai choisi le costume de maïko plutôt que celui de geisha pour des raisons purement esthétiques (les accessoires de la coiffure de la maïko sont vraiment très beaux et très travaillés) car, pour l’âge, je crois que je ne suis malheureusement plus dans la bonne tranche lol… 😉

Accueil au studio photo shiki

maiko dress up@pink.turtle.blog
maiko dress up@pink.turtle.blog

Après la réservation et la confirmation par mail, j’ai été invitée à me présenter au studio à 9h00 sachant que la transformation ainsi que les photos durent deux bonnes heures. A mon arrivée, accueil et présentation d’un exemple de livret photo puisque, dans le tarif, un joli livret photo est offert (plusieurs couvertures au choix). Il est possible d’ajouter des options payantes (assez chères) comme des séances photo en extérieur ou dans des pièces typiquement japonaises. De mon côté, avec la température extérieure (40 degrés), j’ai préféré ajouter une petite option dans une pièce japonaise avec accessoires (type cérémonie du thé). Au tarif de base, vous devez ajouter des chaussettes tabi (fournies) pour des raisons d’hygiène. Ensuite, on vous confie une petite bannette pour placer votre appareil photo et une fine combinaison en coton à nouer comme un kimono (à mettre par-dessus vos sous-vêtements). C’est après cela que commence la séance de maquillage. Les photos sont malheureusement interdites pendant la transformation. 

Comment s’est déroulée ma transformation?

Avant de commencer le maquillage, un fin bonnet en résille est placé sur les cheveux. S’en suit un nettoyage du visage afin d’enlever tout résidu de maquillage, puis une fine couche d’huile est appliquée sur tout le visage (bintsuke-abura). Puis, vient le tour du fameux maquillage blanc étalé à l’aide d’une brosse de bambou, l’excédent étant tamponné avec une éponge et de la poudre de riz. La nuque est également maquillée de blanc tout en laissant apparaître une partie de la peau. Ensuite, les yeux, les lèvres et les joues sont maquillés très soigneusement en rose et en rouge. J’avoue que cela m’a fait bizarre de voir mes yeux ainsi maquillés en rouge de même que mes sourcils. Après cette phase, vient le tour de la coiffure avec une demi-perruque composée d’un chignon traditionnel japonais. Les cheveux tout autour du front sont ainsi utilisés, coiffés, lissés et plaqués sur la perruque afin de donner un effet naturel à cette coiffure. Une étoffe de soie rouge est enfin placée au milieu du chignon.

Maïko (photo prise par mon compagnon)/ @pink.turtle.blog
Maïko (photo prise par mon compagnon)/ @pink.turtle.blog

Après le maquillage et la coiffure, il est temps de choisir le kimono et là, le choix est vaste… Des kimonos de soie de toutes les couleurs, souvent peints à la main sont proposés (il faut compter au moins 5000 euros pour ce type de kimono!). En général, les couleurs sont choisies selon la saison et l’âge de la maïko et de la geisha. Moi, j’ai opté pour un kimono rouge et noir avec quelques ornements dorés (tant pis pour l’âge! les couleurs vives sont destinées aux jeunes filles). C’était sans compter toutes les épaisseurs qui se placent sous le kimono (je plains vraiment les pauvres maïkos et geishas!) : couvre-hanche, combinaison, nombreuses ceintures nouées fortement à la taille… Le kimono est placé de manière à créer un décolleté dans le dos, et noué dans le dos pour ajouter une ceinture de soie nommé Obi (le bout de l’Obi traînant presque par terre). Pour l’Obi, il y a également un vaste choix (on m’avait proposé un vert pétant, j’ai préféré rester dans les mêmes teintes que le kimono). Enfin, on ajoute les accessoires dans les cheveux en fonction de la couleur du kimono : épingles, peignes appelés kanzashi. C’est la fin de la transformation! Il est alors temps de rejoindre famille ou amis. Mon compagnon et mon fils ne m’ont absolument pas reconnue (il a fallu que je parle pour qu’ils comprennent que c’était bien moi!).

Séance photo en studio et à l’extérieur

La séance en studio peut alors commencer, avec divers fonds (fond neutre, Fushimi Inari…) et divers accessoires (éventail, ombrelle…). Cette séance est suivie d’une autre séance dans une pièce typiquement japonaise (cérémonie du thé). Puis, on dispose de 10 minutes en autonomie pour prendre des photos à l’extérieur du studio. Par contre, au bout de 2h, j’ai commencé à ressentir le poids de la perruque, des accessoires et du kimono ainsi que la pression des nombreuses ceintures nouées sous le kimono : les costumes sont magnifiques mais les maïkos et geishas doivent souffrir pour rester belles.

maiko dress up@pink.turtle.blog
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Maiko dress up, Kyoto/ pink.turtle.blog
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Maïko dress up/ @pink.turtle.blog
Maïko dress up/ @pink.turtle.blog

Bilan de l’expérience

Un souvenir extraordinaire et atypique, des rencontres sympathiques et des échanges stimulants avec d’autres japonaises, des photos magnifiques.

En sortant du studio, nous avons également croisé des couples de jeunes mariés en pleine séance photo dans le quartier traditionnel de Gion à Kyoto.

Gion, Kyoto/ @pink.turtle.blog
Gion, Kyoto/ @pink.turtle.blog

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